Carnet public, Yvan Lubraneski

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Tag - république

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lundi 23 janvier 2012

Un premier discours de Président

Le discours du Bourget marque véritablement l'entrée en campagne de François Hollande, qui s'affirme comme le candidat crédible à la Présidence de la République.

S'inscrivant dans la continuité de la République, de l'esprit des Lumières, de la Révolution Française et de nos aspirations à l'égalité, il nous apparaît clairement comme le Président qui mettra fin à cette parenthèse détestable qu'est le sarkozysme... car, outre la politique dévastatrice qui est menée par la droite et dont la majorité de nos concitoyens souffre aujourd'hui, il y a dans la gouvernance de Sarkozy et de ses soutiens un esprit exogène au chemin que notre nation s'est donné. On sent la critique de cette rupture y compris chez certaines personnes pas plus favorables à la gauche mais fidèles à l'esprit républicain national.

En désignant aussi l'ennemi comme étant "le monde de la finance", François Hollande campe parfaitement le candidat de la gauche et crédibilise son discours à travers ses premières propositions (suppression des stocks-options; séparation des activités de crédit et de spéculation au sein des banques ; encadrement des bonus; "les produits finaciers sans lien avec les nécessités de l'économie réelle, seront purement et simplement interdits"; une "véritable" taxe sur "toutes les transactions financières avec ceux qui en Europe qui voudront la mettre en place avec nous"; une "agence publique de notation au niveau européen", une "contribution écologique sera installée aux frontières de l'Europe"; la "création d'une banque publique d'investissement pour réindustrialiser la France", la création d'un livret d'épargne "dont le produit sera entièrement dirigé vers le développement des PME"; une tranche d'imposition supplémentaire à "45 % d'impôt sur le revenu pour ceux qui touchent plus de 150 000 euros" par an...). 

Tout cela tranche en vérité avec les postures "anti-libérales" successives de Sarkozy qui ne se sont bien sûr jamais traduites dans sa politique, au contraire. Les Français ont besoin d'actions véritables dans le domaine économique, lassés des professions de "foi" de Sarkozy si toutefois il lui en reste un peu.

Le chemin est donc tracé pour cette élection. Il faut le tenir, l'étayer, le compléter, l'argumenter.

Ceux qui s'apprêtent à voter uniquement pour protester doivent être convaincus, un par un, que le chemin du progrès de toute notre nation s'incarne dans les propositions de François Hollande, avec l'espérance, l'ambition et le sérieux qui nous permettront de faire face, dans un pays réuni et solidaire, aux enjeux économiques et sociaux d'aujourd'hui.

Ci-après les deux parties du discours prononcé par François Hollande au Bourget le 22 janvier.

lundi 2 janvier 2012

2012 : responsabilité et audace

Propositions pour relancer notre offre politique et mener une campagne efficace et offensive

par Daniel et Yvan Lubraneski


Nous abordons l'échéance de la présidentielle (22 avril-6 mai) et des législatives (10 et 17 juin 2012) avec de réelles chances de succès pour la gauche dans un contexte économique et social comme nous n'en avons rarement connu de si difficiles. La récession ne nous guette pas, elle est pratiquement là. L'endettement considérable et la crise de l'euro créent les conditions de politiques libérales d'austérité partout en Europe qui ne font que renforcer la récession...et donc la diminution des recettes fiscales et l'endettement. Ce cercle vicieux, ayant pour seules conséquences la modération salariale, les privatisations à marche forcée, la liquidation des services publics et le chômage de masse, est en route et il sera difficile à la seule France d'y échapper de manière autonome. Le chômage massif, la baisse du pouvoir d'achat, la remise en cause de nos services publics et de notre modèle social sont déjà installés durablement en France et risquent de s'aggraver. C'est dire l'importance de l'enjeu des prochaines élections.

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samedi 30 avril 2011

le renouveau démocratique

Avec son histoire singulière, notre pays nous a donné, jusqu'aux bancs de nos écoles, la suffisante impression que nous étions les champions de la démocratie. La Révolution Française et l'héritage des Lumières, de Voltaire à Montesquieu, nous grandissent en effet. Cela nous grandit mais nous endort. Et nous dormons depuis si longtemps sur nos lauriers que ces derniers commencent à piquer.

Cet endormissement se traduit par la perte de vue des principes démocratiques qui nous semblent acquis, inamovibles et durables. Cependant, comme en Hongrie il y a seulement dix jours, ces principes peuvent disparaître à la faveur d'une réforme constitutionnelle rétrograde. Ce pays, membre de l'Union Européenne, ne vient-il pas, entre autres, de supprimer l'égalité devant la loi ? De basculer dans un régime autoritaire et fasciste ?

Sommes-nous armés pour faire face à cela ? Sommes-nous aujourd'hui capables de faire rayonner la démocratie en France et dans le monde, de la nourrir, de la développer, de la perfectionner, de la rendre attractive et tellement préférable à tout autre modèle politique ? C'est en essayant de répondre à cette interrogation que la fragilité de nos propres institutions démocratiques pourraient bien nous sauter aux yeux.

Là, il serait hautement polémique de montrer du doigt le gouvernement actuel de la France tel un coupable à désigner exclusivement. Bien sûr que non. Pas plus lui seulement que nombre de ceux qui l'ont précédé et qui ont bien souvent relégué à l'arrière-plan de leurs préoccupations la question démocratique.

Nous dirons pour le moins que celui-là n'a rien entrepris non plus pour rapprocher les français des principes démocratiques. Tout au contraire, il les en éloigne, les divise, les ramène à leurs peurs et réflexes individuels dès lors peu enclins à appréhender, comprendre et penser l'intérêt général.

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mardi 5 avril 2011

L'anti-république au sommet de l'Etat ou quand une certaine droite a besoin d'un peuple divisé et vidé de ses valeurs républicaines.

Et quand je parle d'une droite, je ne parle pas de toute la droite... Je laisse volontiers à d'autres les attitudes dogmatiques et les jugements à l'emporte-pièce.
La République laïque telle que nous l'avons héritée de l'Histoire de notre pays, traverse nombre de courants politiques. Etablie pour peser contre les obscurantistes de tout poil, conscients ou non de leur nature, elle doit résister aujourd'hui aux violences du dogme libéral.

C'est ainsi que l'UMP se réunit ce jour pour un débat qui mettrait en perspective la laïcité d'une part, et la confession musulmane d'autre part. Loin d'être un moment de réhabilitation de la laïcité, tout tient dans le nauséabond de leurs arrière-pensées... C'est une autre perspective qui s'y développe : la France face à l'Islam. Notons d'ailleurs qu'on ne parle plus d'islamisme.
On nourrit une fable moderne, une thèse selon laquelle un choc des civilisations est inévitable et menace notre "confort" occidental.

Après les ratés de notre diplomatie à l'heure des révolutions nord-africaines et moyen-orientales, il eût été plutôt de bon aloi de remettre en cause cette thèse enfantine et, disons-le clair, xénophobe, à la lecture de ce qui se passe réellement. Comme cela a été écrit ici il y a quelques jours, on constate objectivement que les soulèvements populaires ne sont en rien animés par les ultra-religieux, appartenant aux yeux du peuple à la même catégorie historique que l'oligarchie dirigeante : celle du passé.
Pourquoi alors, dans le même temps où des peuples avancent et expriment un besoin de démocratie et de république, pourquoi alors notre propre peuple devrait-il reculer et embrasser un comportement d'exclusion sous l'influence de ses dirigeants ?
La meilleure technique pour démasquer une manoeuvre, c'est d'en trouver le bénéficiaire. Et la grosse ficelle qu'ils manient à tour de bras n'est nulle part ailleurs que dans la stratégie du bouc-émissaire, plus vieille que la domestication du bouc à l'échelle de l'histoire humaine !

La crise économique est toujours suivie d'une crise sociale, puis d'une crise politique. Il y a consensus sur cette analyse. Et nous sommes en effet pas loin de la crise politique.

Dès lors il ne faudrait pas que cette crise politique prenne la forme d'une hostilité à l'oligarchie politico-financière qui a lancé le monde dans un système turbo-libéral (c'est à dire dans rien d'autre qu'un mur). Non... il ne faudrait pas... ce serait dommage... ce serait vraiment ballot de remettre en cause le partage des richesses, voire même, de connaître des révolutions ! Des nationalisations ! J'arrête là les gros-mots...


Il faut donc expliquer aux gens que nous sommes très différents les uns des autres, et que cela doit se comprendre comme une menace. Ainsi que c'est toujours l'autre qui vous enlève le pain de la bouche. Peu importe quel "autre", il faut de l'"autre", encore de l'"autre" : substituer l'exclusion et la xénophobie à la solidarité et à la fraternité.

Et les possibilités de décliner l'"autre" sont multiples :
- l'étranger
- celui qui n'a pas la même religion
- celui qui n'a pas les mêmes revenus (et moins ils gagnent, plus il faut les exécrer !)
- celui qui naît avec le gène de la délinquance (ou quand le déterminisme social s'érige en idéologie pour casser toute démarche de vivre ensemble)
- celui qui est malade (et qui coûte, forcément !)
- celui qui est jeune (irresponsable ! de gauche, peut-être ?)
- etc, etc...

C'est fou ce que tout cela me fait penser à une politique qui nous offre depuis quatre ans une exclusivité mondiale : une République qui se déconstruit.
Il faut réagir ! Comment ?
Il n'existe que deux possibilités, à travers lesquelles il est par ailleurs intéressant de cerner l'enjeu de la présidentielle de 2012 : la reconstruction du socle républicain, ou le néant, c'est à dire son annihilation.
La reconstruction, elle siège aujourd'hui de la gauche à une partie du centre-droit. Elle porte cet espoir mais n'en a pas encore consolidé la perspective. Il y a pourtant urgence.
Le néant, il vient comme une sanction terrible pour tous, c'est la droite extrême. Elle n'a jamais voulu de la République mais est capable de toutes les illusions pour vendre un espoir là où, une fois de plus, les plus faibles en paieront le prix fort.


Entre les deux il y a cette fin de règne émétisante à l'impopularité record. Elle se hâte dans la déconstruction républicaine, peut-être parce que, pour espérer gagner à nouveau, elle aspire plus naturellement à incarner le néant plutôt que le renouveau républicain

vendredi 18 décembre 2009

Les dérapages contrôlés du débat sur l'identité "nationale"

Hier soir, le Président - que notre République doit encore souffrir - s'est ému des dérapages occasionnés par le débat qu'il a lancé sur l'identité "nationale".

Pourtant, nul n'a besoin d'être extralucide pour comprendre que ces dérapages sont des conséquences prévisibles et prévues de ce débat.

Tel élu UMP de déclarer "ils sont déjà 10 millions d'immigrés payés à rien foutre", telle réunion organisée avec Nadine Morano et le biographe officiel de Maurice Barrès où elle demande aux musulmans d'arrêter de "parler verlan et de porter la casquette à l'envers"... Cela ne s'arrêtera pas avec les regrets tardifs de M. Sarkozy.

Cela ne peut s'arrêter qu'en arrêtant ce débat inacceptable. Et injustifiable, surtout quand Sarkozy lui-même le dit nécessaire parce qu'il y aurait des "problèmes d'intégration".

C'est parce que ce débat déplace le normatif de la République vers la Nation qu'il est dangereux. Il nous demande "êtes-vous plus ou moins français que moi ?" là où il vaudrait mieux demander "respectez-vous la loi de de notre République ?"

Une partie de la droite commence aujourd'hui à réagir et à prendre conscience, comme la gauche républicaine, du piège dans lequel les valeurs républicaines fondamentales et la tradition assimilatrice de la France sont en train de tomber.

Des décennies à consolider notre socle républicain et en enseigner les valeurs luttent aujourd'hui contre un plan de communication à balles réelles dans un contexte propice aux communautarismes et une conjoncture sociale tendue.

Un mélange de nitrate de sodium et de glycérine.

samedi 2 février 2008

Laïcité : Réponse par Jean-Luc Mélenchon au "discours de Latran" de Nicolas Sarkozy

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