L'histoire de notre société politique
recèle de nombreux combats d'avant-garde. Ils sont toujours, pour commencer,
l'oeuvre d'une poignée de militants, dont les actions sont volontairement
provocatrices pour attirer l'attention.
Yvan Gradis et ses
compagnons déboulonneurs, qui avaient
barbouillé des affiches publicitaires à Paris le 28 Octobre dernier, passent
aujourd'hui en correctionnelle pour dégradation de bien privé.
L'infraction étant constituée, ils auront bien du mal à convaincre le juge
qu'il s'agissait d'un acte de désobéissance civile, à vocation politique : leur
façon, finalement, d'entrer en résistance.
Les anti-pub dénoncent la pollution visuelle
exercée par la publicité, et réclament à juste titre un format maximal de
50x70cm pour les panneaux publicitaires. Il est vrai que la publicité envahit
et traverse toute la société. Et, s'il vous est possible d'éteindre ou de
supprimer le volume de votre télé à l'occasion d'un écran publicitaire, les
panneaux plus grands les uns que les autres s'imposent à vos yeux dans le
paysage, urbain ou rural.
Le philosophe Edgar Morin,
qui soutient les militants anti-pub, estime qu'un "seuil de
saturation", dans ce domaine, est atteint. "Ces militants sont des
éveilleurs", déclare-t-il aujourd'hui dans Le Parisien.
Dès lors, pour ceux d'entre nous qui
seraient éveillés, il est temps d'ouvrir le débat
politique à ce sujet. Aux côtés de Benoît Hamon, nous avons déjà
eu l'occasion, dans nos contributions, notamment sur les médias, de
nous inquiéter de la publicité et nous intéresser à la recherche de
solutions sur ces vastes sujets de société. Une interdiction totale des écrans
publicitaires dans les programmes audiovisuels déstinés aux enfants est, par
exemple, soutenue.
Sur l'interaction de la publicité avec
l'environnement, une réflexion mérite d'être menée à gauche. D'autant qu'une
fois de plus, là est le coeur de notre action future : faire
que l'homme prime sur les lois du marché.