Hier soir, le Président - que notre République doit encore souffrir - s'est ému des dérapages occasionnés par le débat qu'il a lancé sur l'identité "nationale".

Pourtant, nul n'a besoin d'être extralucide pour comprendre que ces dérapages sont des conséquences prévisibles et prévues de ce débat.

Tel élu UMP de déclarer "ils sont déjà 10 millions d'immigrés payés à rien foutre", telle réunion organisée avec Nadine Morano et le biographe officiel de Maurice Barrès où elle demande aux musulmans d'arrêter de "parler verlan et de porter la casquette à l'envers"... Cela ne s'arrêtera pas avec les regrets tardifs de M. Sarkozy.

Cela ne peut s'arrêter qu'en arrêtant ce débat inacceptable. Et injustifiable, surtout quand Sarkozy lui-même le dit nécessaire parce qu'il y aurait des "problèmes d'intégration".

C'est parce que ce débat déplace le normatif de la République vers la Nation qu'il est dangereux. Il nous demande "êtes-vous plus ou moins français que moi ?" là où il vaudrait mieux demander "respectez-vous la loi de de notre République ?"

Une partie de la droite commence aujourd'hui à réagir et à prendre conscience, comme la gauche républicaine, du piège dans lequel les valeurs républicaines fondamentales et la tradition assimilatrice de la France sont en train de tomber.

Des décennies à consolider notre socle républicain et en enseigner les valeurs luttent aujourd'hui contre un plan de communication à balles réelles dans un contexte propice aux communautarismes et une conjoncture sociale tendue.

Un mélange de nitrate de sodium et de glycérine.