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lundi 23 janvier 2012
Un premier discours de Président
Par YL le lundi 23 janvier 2012, 11:52
Le
discours du Bourget marque véritablement l'entrée en campagne de
François Hollande, qui s'affirme comme le candidat crédible à
la Présidence de la République.
S'inscrivant dans la continuité de la République, de l'esprit des Lumières, de la Révolution Française et de nos aspirations à l'égalité, il nous apparaît clairement comme le Président qui mettra fin à cette parenthèse détestable qu'est le sarkozysme... car, outre la politique dévastatrice qui est menée par la droite et dont la majorité de nos concitoyens souffre aujourd'hui, il y a dans la gouvernance de Sarkozy et de ses soutiens un esprit exogène au chemin que notre nation s'est donné. On sent la critique de cette rupture y compris chez certaines personnes pas plus favorables à la gauche mais fidèles à l'esprit républicain national.
En désignant aussi l'ennemi comme étant "le monde de la finance", François Hollande campe parfaitement le candidat de la gauche et crédibilise son discours à travers ses premières propositions (suppression des stocks-options; séparation des activités de crédit et de spéculation au sein des banques ; encadrement des bonus; "les produits finaciers sans lien avec les nécessités de l'économie réelle, seront purement et simplement interdits"; une "véritable" taxe sur "toutes les transactions financières avec ceux qui en Europe qui voudront la mettre en place avec nous"; une "agence publique de notation au niveau européen", une "contribution écologique sera installée aux frontières de l'Europe"; la "création d'une banque publique d'investissement pour réindustrialiser la France", la création d'un livret d'épargne "dont le produit sera entièrement dirigé vers le développement des PME"; une tranche d'imposition supplémentaire à "45 % d'impôt sur le revenu pour ceux qui touchent plus de 150 000 euros" par an...).
Tout cela tranche en vérité avec les postures "anti-libérales" successives de Sarkozy qui ne se sont bien sûr jamais traduites dans sa politique, au contraire. Les Français ont besoin d'actions véritables dans le domaine économique, lassés des professions de "foi" de Sarkozy si toutefois il lui en reste un peu.
Le chemin est donc tracé pour cette élection. Il faut le tenir, l'étayer, le compléter, l'argumenter.
Ceux qui s'apprêtent à voter uniquement pour protester doivent être convaincus, un par un, que le chemin du progrès de toute notre nation s'incarne dans les propositions de François Hollande, avec l'espérance, l'ambition et le sérieux qui nous permettront de faire face, dans un pays réuni et solidaire, aux enjeux économiques et sociaux d'aujourd'hui.
Ci-après les deux parties du discours prononcé par François Hollande au Bourget le 22 janvier.
lundi 2 janvier 2012
2012 : responsabilité et audace
Par YL le lundi 2 janvier 2012, 12:25
Propositions pour relancer notre offre politique et mener une campagne efficace et offensive
par Daniel et Yvan Lubraneski
Nous abordons l'échéance de la présidentielle (22 avril-6 mai) et des législatives (10 et 17 juin 2012) avec de réelles chances de succès pour la gauche dans un contexte économique et social comme nous n'en avons rarement connu de si difficiles. La récession ne nous guette pas, elle est pratiquement là. L'endettement considérable et la crise de l'euro créent les conditions de politiques libérales d'austérité partout en Europe qui ne font que renforcer la récession...et donc la diminution des recettes fiscales et l'endettement. Ce cercle vicieux, ayant pour seules conséquences la modération salariale, les privatisations à marche forcée, la liquidation des services publics et le chômage de masse, est en route et il sera difficile à la seule France d'y échapper de manière autonome. Le chômage massif, la baisse du pouvoir d'achat, la remise en cause de nos services publics et de notre modèle social sont déjà installés durablement en France et risquent de s'aggraver. C'est dire l'importance de l'enjeu des prochaines élections.
mercredi 14 septembre 2011
tourner la page
Par YL le mercredi 14 septembre 2011, 23:33
"Le capitalisme financier a précipité le monde dans la crise. Les marchés,
toujours indomptés, multiplient les déflagrations économiques. Le
néolibéralisme paralyse la marche du progrès social.
Les pays émergents contestent la suprématie occidentale. Un vent de démocratie souffle sur les pays arabes, et pendant ce temps, en Europe et en France, tout continue comme avant… En dépit de l’impact destructeur de la crise sur nos vies, en dépit des responsabilités des marchés financiers, les élites intellectuelles, politiques, médiatiques et économiques justifient que la facture soit payée par les peuples. Il faudrait sacrifier ce qui subsiste de nos services publics et de nos solidarités. Le discours sur les « contraintes imposées par la mondialisation » sature le débat politique, finissant par convaincre nos concitoyens que le seul choix qui leur reste est d’indiquer dans quel ordre ils acceptent d’abandonner leurs droits.
Pourtant le message des peuples est limpide: ces politiques d’austérité ne sont pas seulement injustes, elles sont illégitimes et inacceptables. Persévérer dans cette voie nourrit un rejet profond de la démocratie et la tentation d’un vote massif en faveur de l’extrême droite. Pour éviter que la politique soit exclusivement la fille de la peur, la gauche doit redonner un sens et un contenu au progrès. Ce livre propose des objectifs et une stratégie pour desserrer l’étau et reprendre la marche du progrès."
vendredi 29 juillet 2011
reconstruire le peuple de gauche
Par YL le vendredi 29 juillet 2011, 19:20
J'avais envie de partager ce texte de Rémi
LEFEBVRE et Henri EMMANUELLI dont vous pourrez lire la suite
ailleurs...
"La commémoration de la victoire de mai 1981 a remis au goût du jour "le peuple de gauche". L’expression exprimait la vision claire que le Parti socialiste se faisait alors de la société et de l’équation électorale qui devait le porter au pouvoir.
Le soir de la défaite aux élections législatives de 1978, François Mitterrand prenait date : "Nous sommes politiquement minoritaires mais sociologiquement majoritaires." L’alliance des ouvriers et des classes moyennes, alors en pleine expansion, ne pouvait que conduire à la victoire du "peuple de gauche". Le programme de 1981 combinait remise en cause du libéralisme économique et libéralisme culturel, nationalisations et abolition de la peine de mort, mesure pourtant peu populaire dans les milieux ouvriers. Le Parti socialiste où les militants ouvriers avaient encore leur place constituait alors le creuset de ce "front de classes".
lundi 16 mai 2011
la pratique du pouvoir est collective
Par YL le lundi 16 mai 2011, 16:27
Des
institutions favorisant la pratique individuelle du pouvoir ont pour limite
l'abus de pouvoir par ses détenteurs ou la démesure de notre engagement pour
une seule personne.
Alors que nous avons tous les yeux tournés vers la cour criminelle de New-York, dont sortira nous l'espérons la vérité, et qu'entre temps le parti socialiste fait la démonstration d'une unité et d'une responsabilité sans failles, allant de l'avant, rappelant toutes les rencontres prévues sur le projet et plaçant ainsi l'intérêt général au-dessus de tout, il convient de faire une remarque.
Comme j'ai souvent pu le dire, à l'instar de nombreux amis politiques, notre démocratie est empoisonnée par la 5ème République qui érige son Président en monarque. Lire à ce titre un billet récent traitant du renouveau démocratique.
Les élections présidentielles sont donc devenues le pivot de toute la vie politique, elles précèdent les législatives, elles consacrent la participation citoyenne dans un moment passionnel de fusion avec... un seul individu.
Providentiels ou pas, l'homme ou la femme sont faillibles et ne peuvent, seuls, engager une nation.
Il n'est nul besoin d'épisodes aussi désagréables que celui que nous vivons pour accepter cette idée. Celle de la non-irremplaçabilité de chacun.
La représentation nationale,collective, déliée des entraves quotidiennes d'un exécutif absolutiste, a vocation à désigner le Chef de l'Etat. C'est le sens du progrès démocratique.
Bien sûr, cette question reviendra, tant qu'elle n'aura pas été tranchée dans le cadre d'une réforme constitutionnelle. Ou au lendemain d'une crise politique majeure.
samedi 30 avril 2011
le renouveau démocratique
Par YL le samedi 30 avril 2011, 10:19
Avec son histoire singulière, notre pays nous a donné, jusqu'aux bancs de nos écoles, la suffisante impression que nous étions les champions de la démocratie. La Révolution Française et l'héritage des Lumières, de Voltaire à Montesquieu, nous grandissent en effet. Cela nous grandit mais nous endort. Et nous dormons depuis si longtemps sur nos lauriers que ces derniers commencent à piquer.
Cet endormissement se traduit par la perte de vue des principes démocratiques qui nous semblent acquis, inamovibles et durables. Cependant, comme en Hongrie il y a seulement dix jours, ces principes peuvent disparaître à la faveur d'une réforme constitutionnelle rétrograde. Ce pays, membre de l'Union Européenne, ne vient-il pas, entre autres, de supprimer l'égalité devant la loi ? De basculer dans un régime autoritaire et fasciste ?
Sommes-nous armés pour faire face à cela ? Sommes-nous aujourd'hui capables de faire rayonner la démocratie en France et dans le monde, de la nourrir, de la développer, de la perfectionner, de la rendre attractive et tellement préférable à tout autre modèle politique ? C'est en essayant de répondre à cette interrogation que la fragilité de nos propres institutions démocratiques pourraient bien nous sauter aux yeux.
Là, il serait hautement polémique de montrer du doigt le gouvernement actuel de la France tel un coupable à désigner exclusivement. Bien sûr que non. Pas plus lui seulement que nombre de ceux qui l'ont précédé et qui ont bien souvent relégué à l'arrière-plan de leurs préoccupations la question démocratique.
Nous dirons pour le moins que celui-là n'a rien entrepris non plus pour rapprocher les français des principes démocratiques. Tout au contraire, il les en éloigne, les divise, les ramène à leurs peurs et réflexes individuels dès lors peu enclins à appréhender, comprendre et penser l'intérêt général.
mardi 5 avril 2011
L'anti-république au sommet de l'Etat ou quand une certaine droite a besoin d'un peuple divisé et vidé de ses valeurs républicaines.
Par YL le mardi 5 avril 2011, 19:28
Et quand je parle d'une droite, je ne parle pas de toute la droite... Je laisse
volontiers à d'autres les attitudes dogmatiques et les jugements à
l'emporte-pièce.
Il faut donc expliquer aux gens que nous sommes très différents les uns des autres, et que cela doit se comprendre comme une menace. Ainsi que c'est toujours l'autre qui vous enlève le pain de la bouche. Peu importe quel "autre", il faut de l'"autre", encore de l'"autre" : substituer l'exclusion et la xénophobie à la solidarité et à la fraternité.
Et les possibilités de décliner l'"autre" sont multiples :
C'est fou ce que tout cela me fait penser à une politique qui nous offre depuis quatre ans une exclusivité mondiale : une République qui se déconstruit.
La République laïque telle que nous l'avons héritée de
l'Histoire de notre pays, traverse nombre de courants politiques. Etablie pour
peser contre les obscurantistes de tout poil, conscients ou non de leur nature,
elle doit résister aujourd'hui aux violences du dogme
libéral.
C'est ainsi que l'UMP se réunit ce jour pour un débat qui mettrait en perspective la laïcité d'une part, et la confession musulmane d'autre part. Loin d'être un moment de réhabilitation de la laïcité, tout tient dans le nauséabond de leurs arrière-pensées... C'est une autre perspective qui s'y développe : la France face à l'Islam. Notons d'ailleurs qu'on ne parle plus d'islamisme.
C'est ainsi que l'UMP se réunit ce jour pour un débat qui mettrait en perspective la laïcité d'une part, et la confession musulmane d'autre part. Loin d'être un moment de réhabilitation de la laïcité, tout tient dans le nauséabond de leurs arrière-pensées... C'est une autre perspective qui s'y développe : la France face à l'Islam. Notons d'ailleurs qu'on ne parle plus d'islamisme.
On nourrit une fable moderne, une thèse selon laquelle un choc des
civilisations est inévitable et menace notre "confort"
occidental.
Après les ratés de notre diplomatie à l'heure des révolutions nord-africaines et moyen-orientales, il eût été plutôt de bon aloi de remettre en cause cette thèse enfantine et, disons-le clair, xénophobe, à la lecture de ce qui se passe réellement. Comme cela a été écrit ici il y a quelques jours, on constate objectivement que les soulèvements populaires ne sont en rien animés par les ultra-religieux, appartenant aux yeux du peuple à la même catégorie historique que l'oligarchie dirigeante : celle du passé.
Après les ratés de notre diplomatie à l'heure des révolutions nord-africaines et moyen-orientales, il eût été plutôt de bon aloi de remettre en cause cette thèse enfantine et, disons-le clair, xénophobe, à la lecture de ce qui se passe réellement. Comme cela a été écrit ici il y a quelques jours, on constate objectivement que les soulèvements populaires ne sont en rien animés par les ultra-religieux, appartenant aux yeux du peuple à la même catégorie historique que l'oligarchie dirigeante : celle du passé.
Pourquoi alors, dans le même temps où des peuples avancent et expriment un
besoin de démocratie et de république, pourquoi alors notre propre peuple
devrait-il reculer et embrasser un comportement d'exclusion sous l'influence de
ses dirigeants ?
La meilleure technique pour démasquer une manoeuvre, c'est d'en trouver le
bénéficiaire. Et la grosse ficelle qu'ils manient à tour de bras n'est
nulle part ailleurs que dans la stratégie du bouc-émissaire,
plus vieille que la domestication du bouc à l'échelle de l'histoire humaine
!
La crise économique est toujours suivie d'une crise sociale, puis d'une crise politique. Il y a consensus sur cette analyse. Et nous sommes en effet pas loin de la crise politique.
Dès lors il ne faudrait pas que cette crise politique prenne la forme d'une hostilité à l'oligarchie politico-financière qui a lancé le monde dans un système turbo-libéral (c'est à dire dans rien d'autre qu'un mur). Non... il ne faudrait pas... ce serait dommage... ce serait vraiment ballot de remettre en cause le partage des richesses, voire même, de connaître des révolutions ! Des nationalisations ! J'arrête là les gros-mots...
La crise économique est toujours suivie d'une crise sociale, puis d'une crise politique. Il y a consensus sur cette analyse. Et nous sommes en effet pas loin de la crise politique.
Dès lors il ne faudrait pas que cette crise politique prenne la forme d'une hostilité à l'oligarchie politico-financière qui a lancé le monde dans un système turbo-libéral (c'est à dire dans rien d'autre qu'un mur). Non... il ne faudrait pas... ce serait dommage... ce serait vraiment ballot de remettre en cause le partage des richesses, voire même, de connaître des révolutions ! Des nationalisations ! J'arrête là les gros-mots...
Il faut donc expliquer aux gens que nous sommes très différents les uns des autres, et que cela doit se comprendre comme une menace. Ainsi que c'est toujours l'autre qui vous enlève le pain de la bouche. Peu importe quel "autre", il faut de l'"autre", encore de l'"autre" : substituer l'exclusion et la xénophobie à la solidarité et à la fraternité.
Et les possibilités de décliner l'"autre" sont multiples :
- l'étranger
- celui qui n'a pas la même religion
- celui qui n'a pas les mêmes revenus (et moins ils gagnent, plus il faut
les exécrer !)
- celui qui naît avec le gène de la délinquance (ou quand le déterminisme
social s'érige en idéologie pour casser toute démarche de vivre ensemble)
- celui qui est malade (et qui coûte, forcément !)
- celui qui est jeune (irresponsable ! de gauche, peut-être ?)
- etc, etc...
C'est fou ce que tout cela me fait penser à une politique qui nous offre depuis quatre ans une exclusivité mondiale : une République qui se déconstruit.
Il faut réagir ! Comment ?
Il n'existe que deux possibilités, à travers lesquelles
il est par ailleurs intéressant de cerner l'enjeu de la présidentielle de 2012
: la reconstruction du socle républicain, ou le
néant, c'est à dire son annihilation.
La reconstruction, elle siège aujourd'hui de la gauche à une partie du
centre-droit. Elle porte cet espoir mais n'en a pas encore consolidé la
perspective. Il y a pourtant urgence.
Le néant, il vient comme une sanction terrible pour tous, c'est la droite
extrême. Elle n'a jamais voulu de la République mais est capable de toutes les
illusions pour vendre un espoir là où, une fois de plus, les plus faibles en
paieront le prix fort.
Entre les deux il y a cette fin de règne émétisante à l'impopularité record. Elle se hâte dans la déconstruction républicaine, peut-être parce que, pour espérer gagner à nouveau, elle aspire plus naturellement à incarner le néant plutôt que le renouveau républicain.
Entre les deux il y a cette fin de règne émétisante à l'impopularité record. Elle se hâte dans la déconstruction républicaine, peut-être parce que, pour espérer gagner à nouveau, elle aspire plus naturellement à incarner le néant plutôt que le renouveau républicain.
vendredi 13 juin 2008
La conscience des peuples
Par YL le vendredi 13 juin 2008, 18:28
L'Irlande vient de dire non au Traité de Lisbonne. Plus exactement, le peuple irlandais vient de dire non. A contre-courant de la majorité de ses élites, à contre-courant des sondages. Cela me rappelle quelquechose...
En dehors de tout débat quant au contenu du T.C.E. de 2005 réactualisé et "surcompliqué" à Lisbonne, le fait majeur essentiel à retenir de ce référendum irlandais, c'est la volonté d'un peuple de se réapproprier son destin. Une aspiration profonde à un supplément de démocratie.
Le fonctionnement des institutions européennes, opaque, illisible, lieu privilégié des petits arrangements entre gouvernements, ne satisfait pas, loin de là, cette aspiration démocratique.
Une fois de plus, sans en venir sur le fond du Traité rejeté aujourd'hui par les irlandais, la question de la méthode est essentielle.
On se prendrait donc à rêver que les gouvernements européens, sous l'impulsion de la présidence française (!), s'emparerait des toutes prochaines élections européennes pour faire de ce Parlement nouvellement élu une assemblée constituante qui élaborerait dans la transparence des institutions au fonctionnement plus démocratique, et au pouvoir plus fort dans les domaines où la décision européenne est aujourd'hui absente dans le concert socio-économique des Nations (protectionnisme social et environnemental, défense européenne, harmonisation fiscale, salariale - par le haut ! - ... etc...).
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