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lundi 2 janvier 2012
2012 : responsabilité et audace
Par YL le lundi 2 janvier 2012, 12:25
Propositions pour relancer notre offre politique et mener une campagne efficace et offensive
par Daniel et Yvan Lubraneski
Nous abordons l'échéance de la présidentielle (22 avril-6 mai) et des législatives (10 et 17 juin 2012) avec de réelles chances de succès pour la gauche dans un contexte économique et social comme nous n'en avons rarement connu de si difficiles. La récession ne nous guette pas, elle est pratiquement là. L'endettement considérable et la crise de l'euro créent les conditions de politiques libérales d'austérité partout en Europe qui ne font que renforcer la récession...et donc la diminution des recettes fiscales et l'endettement. Ce cercle vicieux, ayant pour seules conséquences la modération salariale, les privatisations à marche forcée, la liquidation des services publics et le chômage de masse, est en route et il sera difficile à la seule France d'y échapper de manière autonome. Le chômage massif, la baisse du pouvoir d'achat, la remise en cause de nos services publics et de notre modèle social sont déjà installés durablement en France et risquent de s'aggraver. C'est dire l'importance de l'enjeu des prochaines élections.
vendredi 21 octobre 2011
Convention du parti présidentiel sur le projet socialiste : UMP ou "Un Mensonge Permanent"
Par YL le vendredi 21 octobre 2011, 18:10
Le
18 octobre, une Convention de l'UMP était consacrée… au projet socialiste. La
réciproque serait impossible : nous, socialistes, ne pouvons leur rendre la
pareille puisqu’il n’y a pas de projet UMP. Ou plutôt, si. Début septembre, à
Marseille, une version initiale fut rendue publique lors du « Campus d'été » du
parti sarkozyste. Il a suffi que M. Le Maire, son rédacteur, dévoile deux
propositions – la fiscalisation des allocations familiales et la baisse de
l'indemnisation chômage des cadres – pour que l'embryon du projet UMP soit
remisé au magasin des accessoires. Bref, ce document eut la durée de vie des
éphémères, ces insectes qui, à l'âge adulte, ne vivent qu'un jour.
L'impression d'ensemble, c'est le décalage.
Décalage entre un pays qui aspire au rassemblement et une droite qui cultive l'affrontement : deux heures trente de conclave, 40 intervenants, 15 ministres se sont succédés pour faire de la politique comme on n'en fait plus depuis la Guerre froide. Un peu comme pour le film The Artist, il fallait retirer la couleur de l'écran et soudain, la réalité apparaissait : un parti au bilan à dissimuler et sans projet à présenter décrivait un monde en noir et blanc, avec les bons et les méchants.
Décalage entre deux conceptions de la citoyenneté : quel contraste entre les primaires citoyennes organisées par le Parti socialiste, fondées sur le débat argumenté avec les Français, et cette Convention du parti majoritaire rythmée par les caricatures, les contre-vérités et les peurs ! D'un côté, une citoyenneté éclairée par la gauche. De l'autre côté, des électeurs que la droite cherche à apeurer à coup de slogans assénés.
Décalage, surtout, entre la réalité présente de la situation française – et d'abord celle de ses finances publiques – et le procès instruit pour le futur contre la gauche. Voilà bientôt dix ans que la droite est au pouvoir et pour échapper à sa responsabilité, soit elle condamne ses prédécesseurs – qui ont quitté les ministères en 2002 –, soit elle accuse ses successeurs – qui sont dans l'opposition pour encore sept mois. Schizophrénie, théorie du complot, mémoire sélective, les têtes pensantes de l'UMP ne vont pas bien. D'où cette thérapie de groupe anti-PS. Quitte à pratiquer le déni de réalité.
C'était particulièrement frappant à propos de la mise sous surveillance de la France par Moody's survenue le jour même du show UMP. Pour affoler les citoyens, les dirigeants de la droite ont prétendu que l'alternance à gauche en 2012 entraînerait la dégradation de la France, donc le renchérissement des taux d'intérêt, donc la récession, donc l'appauvrissement des ménages et la faillite de nombreuses entreprises. L'ennui pour l'UMP est que « l'observation de la situation économique de la France » par l'agence de notation intervient alors que le Président de la République s'appelle Sarkozy, que son Gouvernement présente sa loi de finances pour 2012 à l'Assemblée nationale et que son ministre de l'Economie vient d'admettre que la croissance serait probablement inférieure à 1,5 % cette année. Ce qui menace la note souveraine de la France, ce n'est pas la gauche d'hier ou de demain, c'est la droite aujourd'hui.
Quand M. Baroin affirme que, s'il était mis en œuvre, le projet socialiste « vaudrait à la France de voir sa note dégradée en deux minutes », il oublie que c'est la politique économique et budgétaire menée depuis dix ans qui est actuellement dans le viseur des marchés financiers – ce n'est ni celle de L. Jospin hier, ni a fortiori celle de F. Hollande demain. George W. Bush et les faucons républicains avaient conçu la notion de « guerre préventive » ; voilà que l'UMP et son Président champion de l'impopularité s'en remettent à la « disqualification préventive » de la gauche. C'est aussi navrant qu'irréaliste. Les chiffres sont têtus ! Les déficits publics étaient de 1,6 % du PIB en 2001, ils étaient de 7,1 % en 2010 et ils seront de 4,6 % en 2011 au prix d'une première vague d'austérité pour les Français qui n'a fait que casser la reprise naissante et alors que va suivre – elle est dans les tuyaux de Bercy – une seconde salve de mauvais coups contre le pouvoir d'achat des salariés et des retraités. Quant à la dette, elle était de 912 milliards d'euros en 2002 et elle sera de 1800 milliards à la fin de ce quinquennat, dont 560 milliards directement imputables à la présidence Sarkozy. Sur l'ensemble de la période 1981-2011, la dette est passée de 21 % à 82 % du PIB : 75 % de cette hausse s'est produite sous des gouvernements de droite. Quant au Président sortant, il n'a aucune leçon de bonne gestion à donner. Ni présentes, ni lointaines : ministre du Budget entre 1993 et 1995, il augmenta la dette de 50 %. La même démonstration vaut pour les comptes de la Sécurité sociale : rétablis entre 1997 et 2001, ils accusent dix ans plus tard un déficit supérieur à 25 milliards d'euros. Quand il s'agit de gérer l'argent des Français, l'expérience l'a montré : c'est la gauche qui est sérieuse et c'est la droite qui est dispendieuse.
mercredi 14 septembre 2011
tourner la page
Par YL le mercredi 14 septembre 2011, 23:33
"Le capitalisme financier a précipité le monde dans la crise. Les marchés,
toujours indomptés, multiplient les déflagrations économiques. Le
néolibéralisme paralyse la marche du progrès social.
Les pays émergents contestent la suprématie occidentale. Un vent de démocratie souffle sur les pays arabes, et pendant ce temps, en Europe et en France, tout continue comme avant… En dépit de l’impact destructeur de la crise sur nos vies, en dépit des responsabilités des marchés financiers, les élites intellectuelles, politiques, médiatiques et économiques justifient que la facture soit payée par les peuples. Il faudrait sacrifier ce qui subsiste de nos services publics et de nos solidarités. Le discours sur les « contraintes imposées par la mondialisation » sature le débat politique, finissant par convaincre nos concitoyens que le seul choix qui leur reste est d’indiquer dans quel ordre ils acceptent d’abandonner leurs droits.
Pourtant le message des peuples est limpide: ces politiques d’austérité ne sont pas seulement injustes, elles sont illégitimes et inacceptables. Persévérer dans cette voie nourrit un rejet profond de la démocratie et la tentation d’un vote massif en faveur de l’extrême droite. Pour éviter que la politique soit exclusivement la fille de la peur, la gauche doit redonner un sens et un contenu au progrès. Ce livre propose des objectifs et une stratégie pour desserrer l’étau et reprendre la marche du progrès."


