Le discours du Bourget marque véritablement l'entrée en campagne de François Hollande, qui s'affirme comme le candidat crédible à la Présidence de la République.

S'inscrivant dans la continuité de la République, de l'esprit des Lumières, de la Révolution Française et de nos aspirations à l'égalité, il nous apparaît clairement comme le Président qui mettra fin à cette parenthèse détestable qu'est le sarkozysme... car, outre la politique dévastatrice qui est menée par la droite et dont la majorité de nos concitoyens souffre aujourd'hui, il y a dans la gouvernance de Sarkozy et de ses soutiens un esprit exogène au chemin que notre nation s'est donné. On sent la critique de cette rupture y compris chez certaines personnes pas plus favorables à la gauche mais fidèles à l'esprit républicain national.

En désignant aussi l'ennemi comme étant "le monde de la finance", François Hollande campe parfaitement le candidat de la gauche et crédibilise son discours à travers ses premières propositions (suppression des stocks-options; séparation des activités de crédit et de spéculation au sein des banques ; encadrement des bonus; "les produits finaciers sans lien avec les nécessités de l'économie réelle, seront purement et simplement interdits"; une "véritable" taxe sur "toutes les transactions financières avec ceux qui en Europe qui voudront la mettre en place avec nous"; une "agence publique de notation au niveau européen", une "contribution écologique sera installée aux frontières de l'Europe"; la "création d'une banque publique d'investissement pour réindustrialiser la France", la création d'un livret d'épargne "dont le produit sera entièrement dirigé vers le développement des PME"; une tranche d'imposition supplémentaire à "45 % d'impôt sur le revenu pour ceux qui touchent plus de 150 000 euros" par an...). 

Tout cela tranche en vérité avec les postures "anti-libérales" successives de Sarkozy qui ne se sont bien sûr jamais traduites dans sa politique, au contraire. Les Français ont besoin d'actions véritables dans le domaine économique, lassés des professions de "foi" de Sarkozy si toutefois il lui en reste un peu.

Le chemin est donc tracé pour cette élection. Il faut le tenir, l'étayer, le compléter, l'argumenter.

Ceux qui s'apprêtent à voter uniquement pour protester doivent être convaincus, un par un, que le chemin du progrès de toute notre nation s'incarne dans les propositions de François Hollande, avec l'espérance, l'ambition et le sérieux qui nous permettront de faire face, dans un pays réuni et solidaire, aux enjeux économiques et sociaux d'aujourd'hui.

Ci-après les deux parties du discours prononcé par François Hollande au Bourget le 22 janvier.