L'anti-pub : déboires juridiques et devoir politique

(12/01/2007)

L'histoire de notre société politique recèle de nombreux combats d'avant-garde. Ils sont toujours, pour commencer, l'oeuvre d'une poignée de militants, dont les actions sont volontairement provocatrices pour attirer l'attention.

Yvan Gradis et ses compagnons déboulonneurs, qui avaient barbouillé des affiches publicitaires à Paris le 28 Octobre dernier, passent aujourd'hui en correctionnelle pour dégradation de bien privé. L'infraction étant constituée, ils auront bien du mal à convaincre le juge qu'il s'agissait d'un acte de désobéissance civile, à vocation politique : leur façon, finalement, d'entrer en résistance.

Les anti-pub dénoncent la pollution visuelle exercée par la publicité, et réclament à juste titre un format maximal de 50x70cm pour les panneaux publicitaires. Il est vrai que la publicité envahit et traverse toute la société. Et, s'il vous est possible d'éteindre ou de supprimer le volume de votre télé à l'occasion d'un écran publicitaire, les panneaux plus grands les uns que les autres s'imposent à vos yeux dans le paysage, urbain ou rural.

Le philosophe Edgar Morin, qui soutient les militants anti-pub, estime qu'un "seuil de saturation", dans ce domaine, est atteint. "Ces militants sont des éveilleurs", déclare-t-il aujourd'hui dans Le Parisien.

Dès lors, pour ceux d'entre nous qui seraient éveillés, il est temps d'ouvrir le débat politique à ce sujet. Aux côtés de Benoît Hamon, nous avons déjà eu l'occasion, dans nos contributions, notamment sur les médias, de  nous inquiéter de la publicité et nous intéresser à la recherche de solutions sur ces vastes sujets de société. Une interdiction totale des écrans publicitaires dans les programmes audiovisuels déstinés aux enfants est, par exemple, soutenue.

Sur l'interaction de la publicité avec l'environnement, une réflexion mérite d'être menée à gauche. D'autant qu'une fois de plus, là est le coeur de notre action future : faire que l'homme prime sur les lois du marché.