Et la formation ?

La récente polémique autour d'Emmanuel Macron et l'éventuelle dénonciation d'un accord entériné pourtant cette année à l'UNEDIC, comme tout polémique, éclipse les vrais sujets.

Le chômage pèse sur le système, c'est une évidence dont chacun convient.

Pourquoi cependant mettre tant d'énergie à chercher des marges sur l'indemnisation du chômage, alors qu'il y a de nombreuses initiatives à prendre en matière d'emploi, et notamment en matière de formation ?

Elus syndicaux responsables et chefs d'entreprises lucides font pourtant ensemble un même constat : nous investissons très peu sur la formation des personnes en inactivité (et pas seulement...). 80 millions d'euros sont injectés en France pour la formation professionnelle : bien que contrôlés chaque année par le ministre en charge de la Formation professionnelle (art. R.6332-100 et R.6332-101 du code du travail), l'utilisation de ces ressources manque parfois de transparence.

Les partenaires sociaux se sont déclarés prêts à revoir la question de financement de la formation, et de son contrôle, notamment la Cfdt. Une part trop modeste vient réellement en face des plus de trois millions de chômeurs... Une part trop modeste est consacrée à celles et ceux qui en ont vraiment besoin parmi les actifs, et qui parfois sont écartés des dispositifs.

Une fois de plus, au lieu de pinailler sur les conséquences d'une situation, et chercher qui des chômeurs ou des entreprises coûtent le plus à l'Etat via l'UNEDIC, intéressons-nous aux causes structurelles, emparons-nous du sujet, pourtant logique, de la formation, pour qualifier actifs et inactifs en lien avec les besoins des entreprises et leur développement.

Le modèle allemand n'est pas (ou jamais) la panacée... Mais quand on regarde la situation de l'apprentissage, c'est édifiant... (chiffres 2013) L’Allemagne connaît un taux de chômage des jeunes (16-25 ans) trois fois moins élevé que celui de la France (7.7 % contre 26.2 %). L’apprentissage en Allemagne est décentralisé et il est conçu par les entreprises en fonction de leurs besoins. En Allemagne, le nombre d’apprentis est de 1.570.000 contre 421.000 en France.

Le pire, c'est que, d'après l'iFRAP, la dépense publique par apprenti est estimée en Allemagne à 1.875 € par an, et en France 9.000 €. Par analogie et autour du même sujet, et aussi pour rire un peu (mais vraiment un peu), cette vidéo du Sgen-Cfdt sur la formation des enseignants, voyez plutôt :