Ces affairistes intelligents qui se travestissent en républicains

Ceci n'ayant rien à voir avec cela, quand Henri Guillemin parlait des "affairistes intelligents qui se travestissent en républicains" en évoquant le libéralisme (vidéo ci-dessous), il concluait sur la prédominance du gouvernement par "les riches" et "pour les riches" dans notre France post-révolutionnaire, actant la victoire sans conteste des "Girondins" de la première assemblée nationale.

J'ai comme l'impression qu'aucune révolution n'est actuellement "en marche", mais que le gouvernement de la France, issu des élections présidentielles de Mai 2017, n'est qu'une synthèse historique du mouvement girondin, préexistant à ce que nous connaissons aujourd'hui de la gauche ou de la droite.

Emmanuel Macron peut donc se targuer d'être de droite et de gauche, puisqu'en fin de compte il se hisse au sommet d'un mouvement bicentenaire qui est dopé par le glissement libéral d'une partie de la gauche.

Il ne s'agit pas ici d'avoir quelconque ressentiment contre "les riches". L'argent honnêtement gagné et le développement de l'économie de marché sont sources de richesse pour l'humanité, pourvu que les fruits de notre production soient correctement partagés. Car la République ne soutient la marche du progrès qu'au bénéfice de tous.

Et c'est bien là que la bât blesse, comme j'ai pu en rappeler le principe dans mon discours du 8 mai dernier : la contribution aux charges de l'Etat est sensée être fixée à chacun selon ses moyens dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, d'après son article 13.

La question qui se pose est la suivante : sommes-nous certains de travailler à l'intérêt général dès lors qu'avant tout nous préservons les intérêts financiers ? Avant l'entreprise d'Emmanuel Macron, le pouvoir politique était certes sous influence du pouvoir financier des grandes entreprises et banques. Mais aujourd'hui, que reste-t-il vraiment de la confrontation entre pouvoir politique et pouvoir financier ? Quels sont les contre-pouvoirs ?

Les médias reconnaissants ?

Le mouvement social désorganisé ?

Les partis politiques explosés de l'intérieur ?

Mon intime conviction est que la démocratie politique et la démocratie économique, base à partir de laquelle nous pouvons construire l'intérêt général, peuvent se redéfinir et se développer à partir du local, c'est à dire par l'implication des citoyens avec les moyens dont ils disposent encore à l'échelle de leurs communes.

Un pouvoir est là, à portée de main, baissez-vous pour le ramasser et soyez une part de ce qui, demain, nous ramènerait à un projet collectif de société.